Le comportement à ne surtout pas avoir si votre partenaire ne mange pas
à la même vitesse que vous
Il n’y a rien d’anormal à avancer à un rythme différent, y compris à
table. Mais attention si vous voyez cette réaction chez votre compagnon ou
votre compagne.
Par Monica Torres
Quand deux partenaires ne mangent pas à la même vitesse, les disputes
peuvent se multiplier. (image d’illustration)
Pour certains couples, c’est parfois le seul moment où leur
compatibilité s’estompe. Pendant que l’un dévore le plat qu’il a devant lui,
l’autre prend tranquillement pour déguster le sien. Cet « eating speed
gap » (ou « écart de vitesse de repas ») est tourné
en dérision sur TikTok, où des couples tentent d’adapter leur cadence à celle
de leur partenaire, pour des résultats souvent hilarants. Généralement, l’un
des deux mange nettement plus lentement, tandis que l’autre se dépêche de finir
son assiette.
« Il a dû attendre trois à quatre jours ouvrés avant d’avoir droit
à la bouchée suivante »,
a écrit un internaute en commentaire d’une vidéo dans laquelle l’une des
partenaires prend soigneusement le temps d’assaisonner son bol et de choisir
son programme télé avant d’en manger une seule bouchée.
Anecdotique pour beaucoup, cette question peut pourtant défaire bien des
relations si l’on y accorde une trop grande importance. Or pour Evelyn Pechous,
thérapeute conjugale et familiale, il n’y a rien d’anormal à ce que les membres
d’un couple évoluent à des rythmes différents dans la vie. « Les
partenaires qui mangent à des rythmes différents pourraient en réalité être
plus compatibles que ceux qui mangent à la même vitesse, indique-t-elle au HuffPost
US. Des rythmes alimentaires différents peuvent témoigner d’un équilibre
nécessaire au sein du couple : l’un peut avancer plus lentement dans la
vie, tandis que l’autre évolue avec davantage d’énergie et de dynamisme. »
L’ouverture d’esprit ne s’arrête pas à table
La diversité est même le sel de la vie à deux, veut croire le
psychologue Ryan Howes. Et cela vaut aussi lorsqu’il s’agit de regarder votre
partenaire, au restaurant, engloutir un hamburger. « Les différences de
ce genre font partie du fait d’entrer en relation avec une autre personne,
souligne-t-il. Elles en sont même un élément essentiel : nous voulons
nous unir à quelqu’un qui soit un peu différent de nous, parce que cela apporte
de la variété et de la nouveauté dans nos vies. »
En définitive, le seul véritable problème lié à un « eating
speed gap » survient lorsque votre partenaire décide d’en faire
un problème. En clair, il n’est pas nécessaire ni important de manger à la même
vitesse que son partenaire. En revanche, il est essentiel de respecter ces
différences courantes. Observez la manière dont votre partenaire se comporte
avec vous pendant les repas : cela peut vous donner des indications
précieuses sur la façon dont il ou elle vous traitera à long terme.
« Si votre partenaire se montre respectueux, par exemple en vous
disant de ne pas vous presser et de profiter de votre repas, c’est positif pour
votre relation, analyse Anita
Chlipala, une autre thérapeute conjugale et familiale. Mais s’il fait
régulièrement des remarques désobligeantes ou condescendantes, en vous disant
par exemple que vous êtes la personne la plus lente de la planète, ou que vous
êtes idiot de ne pas manger plus vite ou de prendre le temps de savourer votre
nourriture, il est peut-être temps de réévaluer la viabilité de cette
relation. »
Chacun entretient une relation différente avec la nourriture, et les
couples les plus heureux savent faire preuve d’ouverture d’esprit y compris sur
ce sujet-là. « Ne faites pas sentir à l’autre qu’il mange mal ou de la
mauvaise manière, conseille Anita Chlipala. Évoquez le sujet entre vous.
Il est tout à fait possible que votre vitesse de repas n’ait aucune
signification particulière, mais pour certaines personnes, ce n’est pas le
cas. »
Et si cela devenait un problème à régler à deux ?
La thérapeute se souvient notamment avoir accompagné des couples qui se
disputaient pour savoir si le fait de manger trop vite réduisait ou non la
qualité du temps passé ensemble. « Celui qui mange vite est déjà prêt à
commencer à débarrasser et à faire la vaisselle, quand celui qui mange plus
lentement espère profiter d’un moment de complicité », poursuit-elle.
Faire des compromis peut aider aussi bien les mangeurs lents que les
mangeurs rapides. Si vous êtes pressés, celui qui mange lentement devra
peut-être adapter son rythme afin que vous puissiez regarder votre émission
après le dîner. Anita Chlipala souligne également que les mangeurs rapides
doivent veiller à ne pas manger plus que leur part lorsque les portions sont
réparties entre les deux partenaires.
Et si, plutôt que de considérer l’un des partenaires comme le
responsable du problème, vous en faisiez un problème à résoudre ensemble ?
Telle est la recommandation de Ryan Howes. « Il mange vite ; ce
n’est pas un crime. Il y a probablement une raison à cela, et vous abandonner
n’est probablement pas son intention, explique-t-il. Si vous lui faites
part de votre inquiétude et l’invitez à chercher une solution avec vous, vous
avez de bonnes chances de résoudre le problème ensemble. »
Le comportement à ne surtout pas avoir si votre partenaire ne mange pas à la même vitesse o vous